Salut les amis !

Après les interviews d’Harlan Coben et de Cindy Van Wilder, je vous propose la dernière des trois que j’ai pu réaliser en mars dernier. Et le moins que je puisse écrire est que c’est encore une fois du lourd :p Puisque cette fois-ci c’est Franck Thilliez qui s’est plié au jeu avec plaisir

Rendez-vous était pris à 12h30 à la fin de la séance de dédicace ! Je suis arrivé tout content, jusqu’à ce que je me rende compte que l’entourage de Franck Thilliez m’avait légèrement oublié :p Que cela ne tienne, Franck a tout de suite décidé de repousser l’heure de son déjeuner et de m’accorder du temps ! Grand honneur ❤


1. Vous avez sorti en mai de l’année passée Rever. Pouvez-vous nous le présenter en quelques mots ?

Oui ! C’est un thriller psychologie. Avec le point de vue d’une héroïne qui souffre d’une maladie appelé la narcolepsie. Une des caractèristiques de cette maladie est qu’elle confond très fort les rêves et la réalité ce qui va lui poser problème dans sa vie et dans son métier aussi puisqu’elle mène des enquêtes auprès des gendarmes  comme psycho-criminologue et au début du roman il y a deux histoires parallèles : Une grosse enquête de disparition d’enfants dans laquelle elle essaie de comprendre ce qu’il se passe et puis une quête personnelle puisqu’elle va avoir un gros accident au début du roman et elle en réchappe miraculeusement, c’est très étrange et donc elle va chercher à savoir ce qu’il s’est passé parce qu’elle n’en a plus du tout de souvenir ! Ça démarre un peu avec une enquête policière et puis une enquête personnelle… Voilà 🙂

2. Vous avez créé une ligne du temps un peu spécial pour ce roman. Elle peut se montrer déroutante pour certains lecteurs… Ça ne vous a pas fait peur au départ ? Ou au contraire ça vous plaît de jouer comme ça ?

Moi j’aime bien jouer avec ça parce que j’aime écrire des histoires compliqué, j’ai une formation scientifique donc tout ce qui est engrenages, ce qui s’emboîte j’aime beaucoup ça. Après je sais que c’est un peu risquer de déstructurer un roman… Il faut toujours penser aux lecteurs et quand j’écris je pense souvent à eux pour ne pas les perdre parce qu’il y a rien de pire que d’être perdu dans une histoire ! Donc voilà il fallait jongler avec la compliqué de l’histoire, la ligne temporelle et sans perdre le lecteur… C’était une question de dosage qu’on essaie d’avoir avant que le livre sorte ce qui n’est pas forcément évident puisqu’on ne sait pas ce que les gens vont en penser 🙂 Mais heureusement ça a bien fonctionné !

3. Comment vous y êtes-vous pris ? C’est un travail de longue haleine, non ?

J’ai écris le roman comme ça en fait…

Vous ne l’avez pas d’abord écris normalement avant de le déstructurer ?

Non, pas du tout. En fait la ligne du temps elle suit deux événements importants selon-moi : L’accident d’abord et puis je voulais un événement plus loin dans le temps pour que le personnage qui a quand même perdu sa fille et son père ai le temps de remonter la pente, je ne voulais pas la traîner comme ça jusqu’à la période de l’accident. Et donc six mois plus tard elle va un peu mieux. Le travail a été de boucher les trous entre ces deux périodes là… Avec ma logique d’écrivain !

4. Vous abordez aussi la thématique des rêves et des maladies du sommeil. Comment on se dit je vais attaquer ce thème ? C’est l’ide qui vient à vous ou vous qui allez vers l’idée ? Ça vous demande combien de temps de recherche ?

J’avais envie d’écrire un livre sur le sommeil oui, ça fait partie des sujets qui est sur ma liste et donc c’était l’occasion. J’ai creusé le sujet avant d’avoir l’idée du livre, je me suis dit que l’idée viendra en faisant des recherches et c’est ce qu’il s’est passé puisque je me suis orienté vers les maladies du sommeil et dedans je découvre cette fameuse maladie de la narcolepsie avec le mélange de rêve et de réalité et quand j’ai découvert ça je me suis dit « Et bien c’est ça un roman ! C’est un mélange de réel et d’imaginaire », c’est vraiment ce que je cherchais. Et donc tout de suite l’idée du personnage narcoleptique, je me suis dit ça sera elle l’héroïne du livre et puis après évidemment il faut construite toute l’histoire autour mais ça a d’abord été de creuser le sujet du sommeil et de voir tout ce qu’on peut en tirer en termes de dramaturgie, de science et de connaissance et puis seulement de faire l’histoire… Ce qui n’est pas le cas de tous mes livres ! Des fois j’ai eu une idée et après je fais les recherches.

Et vos recherches durent combien de temps à peu près ?

La moitié du temps. J’écris un livre par an… La recherche et la constitution de l’histoire qui se fait en même temps pour moi, ça prends six mois. Au bout de six mois je n’ai pas encore écris une ligne mais je sais ce que je vais raconter. Et quand je commence à écrire en fait je déroule ce que j’ai imaginé avant !

5. Vous avez l’habitude d’écrire pas mal de scènes dérangeante dirons-nous, pas toujours facile… Avez-vous du mal à les écrire ? Ça ne vous plombe pas le moral ?

 Non, alors c’est un peu comme un photographe de guerre… Lui il photographie un enfant au milieu des flamme et il va penser à la façon de faire la meilleure photo possible sans penser à l’enfant directement. Moi c’est pareil avec l’écriture, je fais mon travail d’écrivain… Alors c’est vrai que j’aborde des sujets compliqués mais au moment où je les écris j’essaie et j’imagine le moyen de rendre cette scène la plus réaliste et la mieux possible pour le lecteur, c’est dans cette démarche que je suis et je ne me fais pas peur en écrivant ^^ Mais par contre ça arrive de temps en temps de faire des transferts et d’être imprégner par ce qu’on écrit et de se dire ben oui ça s’est arrivé dans la famille ou aux enfants et puis voilà on tombe dans une période creuse où on a du mal à écrire… Mais la plupart du temps, dans 90% des cas il y a quand même une distance entre ce que j’écris et moi 🙂

6. Vous faites souvent appelle à Franck Sharko et Lucie Hennebelle qui constitue une « saga » mais ici Rever est un one-shot… Le travail est différent j’imagine ? Vous préférez lequel ?

J’aime bien faire les deux ! C’est un vrai plaisir d’alterner même 🙂 La grosse différence… Quand j’écris ma saga avec mes personnages, je les connais déjà ces personnages ! Je connais toute l’équipe, je sais où ils travaillent,… Donc tout ça je n’ai pas besoin de le recréer ce qui est quand même un gros travail de créer les personnages et les lieux, donc ça c’est l’aspect le plus facile. Par contre la grosse difficulté avec cette saga est que justement ces personnages qui existent déjà il faut les faire vivre et il faut qu’il leur arrive des choses qui ne sont pas déjà arrivé dans d’autres romans parce qu’il y a une vraie attente des lecteurs par apport à ces personnages-là. Et ça c’est complexe, de poursuivre leur destin qui doit être à la fois normal et anormal. Autre blocage quand j’écris un Sharko/Hennebelle c’est qu’il faut que ce soit forcément une enquête policière du 36, quai des orfèvres donc des meurtres suivi d’une enquête… Par contre quand j’écris Rêver ou puzzle, j’ai une grande liberté et ça j’ai envie de la garder et c’est pour ça que j’alternes les deux !

7. Vous avez aussi écrit des scénarios pour des téléfilms diffusés sur France 2… Quelle différence y’a-t-il avec l’écriture d’un livre ? Comptez-vous en refaire ? Les séries et le cinéma vous tenteraient-ils ?

Oui il y a une différence. Dans l’écriture d’un roman on écrit ce qu’on veut, il y a une liberté total, on est tout seul et on fait vraiment ce qu’on a envie. Pour la télé il y a plein de personnes qui tournent autour de ce que vous écrivez et vous ne faites pas ce que vous voulez parce qu’il y  un public, il peut y avoir des enfants, etc donc il y a tout ce qui âge, il faut faire attention à ce qu’on dit, il y a l’aspect financier qui est très très important il ne faut pas que ça coûte trop cher donc il faut faire attention à ce qu’on écrit !

Et oui j’écris une série qui s’appelle Alex Hugo pour France 2 qu’on retrouve tous les ans et que je continue et puis je continue à faire un projet ou deux par an pour la télé. Le cinéma je le fais moins parce que je ne sais pas tout faire… Il faut choisir ces combats !

8. Vous avez sorti votre premier roman « Train d’enfer pour Ange rouge » en 2004, Comment vous sentiez à ce moment là ? Vous saviez déjà que vous feriez la carrière que vous avez maintenant ?

Ah non non non ! Quand on écrit un premier roman on rêve de ça et puis on est confronté à la réalité du milieu où on se dit personne ne lis mon livre en fait. Donc tout de suite on a un choc et on se dit ah oui c’est pas si facile que ça et puis finalement ça s’est quand même produit au fil des livres mais l’important c’est d’écrire son livre. Mais même quand on a très peu de lecteur finalement on est quand même heureux de voir des gens qui viennent nous voir et de voir qu’ils ont aimé ce qu’on a fait et c’est ce qui encourage en fait !

9. Depuis vous avez sorti 15 romans… Est-ce que ça change quelque chose ? Vous êtes plus libre ? Vous êtes toujours aussi excité et passionné ?

Oui la passion reste et c’est ce qui pousse à écrire ! Si la passion un jour n’était plus là je ne saurais plus écrire, c’est le moteur en fait. Après il y a un peu plus de pression parce qu’il y a de plus en plus de lecteurs qui sont en attente, il faut écrire des histoires différentes de ce qu’on a déjà fait,… Donc ça ça complexifie un peu l’écriture. Et puis un livre par an c’est quand même un rythme très soutenu, j’écris de gros livres, complexe, donc ça fait 15 ans que je fais ça, pour le moment ça va mais on verra à l’avenir…

10. Votre nouveau roman sort au mois de Mai. Il s’appellera Sharko… Vous pouvez nous en dire un peu plus ??

Sharko et Hennebelle sont au coeur vraiment de ce livre, comme c’est le cas souvent dans leurs histoires. Donc, pour faire court : Lucie va commettre un acte illégal qui va la mettre en danger et qui va pousser Sharko a sortir des rails pour la protéger. Les deux vont se retrouver dans l’illégalité et vont devoir cacher ça à leurs collègues tout en menant une enquête comme d’habitude, cette fois sur le thème du sang !

11. On est en Belgique aujourd’hui. Vous connaissez bien le pays ? Vous l’aimez ?

Oui, ben je l’aime parce que je suis voisin, je suis du nord donc je suis tout près ! J’y viens régulièrement et j’adore ça. J’adore les Belges parce que dans le Nord on est très accueillant et très gentil mais c’est encore plus vrai en Belgique. C’est, du coup, un vrai plaisir de venir ici et de discuter avec vous !

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Voilà voilà 🙂 J’espère que cette interview vous a plu ! Moi en tout cas j’ai pris beaucoup de plaisir à la faire :p Je remercie évidemment Fleuve éditions et Franck Thilliez pour l’opportunité qu’a été de poser mes questions ❤

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