Salut les amis,

On se retrouve aujourd’hui pour une nouvelle interview ! Je ne sais pas si vous vous souvenez mais il y a quelques temps je vous avais proposé une série d’interview de Youtubeurs(ses)… Je n’en avais plu à disposition et avais donc arrêté… Mais entre temps, Myriam a bien voulu se plier à l’exercice ! 

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C’est parti !

Bonjour Myriam, merci d’avoir accepté cette interview ! Elle sera, si tu veux bien composée de deux parties : une où l’on abordera ton vécu et puis l’autre où l’on parlera de ce que j’affirme dans mon article 🙂 Et puis, évidemment, on verra s’il y a d’autres questions qui arrivent au cours de l’interview. Le but est d’avoir un questionnaire « standard » que je poserais à chaque booktubeuse/booktubeur qui aura accepté l’interview de sorte d’avoir des « fiches » que je publierai tous les dimanches. 

Pourrais-tu te présenter en quelques mots pour ceux qui ne te connaissent pas encore ? (Prénom, âge, hobby hors lecture, métier,…) 

Je m’appelle Myriam et je suis blogueuse littéraire et Booktubeuse depuis plus de cinq ans maintenant. Peut-être me connaissez-vous déjà sous le pseudo Myriam – Un Jour. Un Livre. ?
J’ai 30 ans (que ça passe vite !) et déjà plusieurs diplômes d’histoire de l’art et d’archéologie à mon actif, qui est également une autre de mes passions, et ce qui explique ma prédilection pour les romans historiques.

Tu as un blog et une chaîne Youtube. Depuis quand as-tu ouvert l’un et l’autre ?

J’ai créé le blog Un Jour. Un Livre. en octobre 2011 et j’ai étendu mes chroniques sur YouTube en février 2013.

Qu’est-ce qui t’a poussé à ouvrir ta chaîne Youtube ? Qu’est-ce qui t’en a donné envie ?

A l’époque, il n’y avait pas beaucoup de Booktubeurs. Ce mot n’existait d’ailleurs pas encore il me semble. C’était une petite communauté où l’on se connaissait à peu près tous et dans l’ensemble, et à quelques exceptions près, c’était une extension naturelle de nos blogs. C’est en tout cas comme ça que je voyais mes vidéos : du contenu bonus, pour être plus proche de mes abonnés qui me suivaient déjà sur mon blog.

Quel est pour toi LE MEILLEUR moment depuis que tu as commencé ? (Si tu devais n’en choisir qu’un ?)

Question difficile, car depuis que j’ai commencé, chaque jour me réserve une petite surprise qui illumine ma journée. Je dirais le jour où un éditeur m’a proposé de transformer mon activité de blogueuse/booktubeuse en activité professionnelle pour une maison d’édition. Ce fut une grande marque de confiance et qui m’a prouvée que mon travail était bien considéré.

Et à contrario, le pire ?

Comme partout, il y a du bon et du mauvais. Je dirais les échos et interprétations négatives de la part des médias traditionnels qui commencent à s’intéresser au phénomène des YouTubeurs depuis un peu plus d’un an. Ils ne le comprennent pas, et semblent à tout prix vouloir le démolir, le décrédibiliser car ce nouveau média leur fait de l’ombre, leur fait peur. Bien évidemment il y a des exceptions, des journalistes qui font heureusement bien leur boulot, mais j’ai été très déçue à de trop nombreuses reprises.
Si cela m’a appris quelque chose : toujours rester sur ses gardes. Je me suis blindée et je suis beaucoup plus méfiante vis-à-vis des interviews depuis les quelques déconvenues que j’ai connues.

Quels sont les bons côtés de t’être lancée dans cette expérience ? Où tu te dis : « J’ai bien fait de le faire pour ça ! » ?

Avoir la possibilité de rencontrer des auteurs de renommée internationale, que je n’aurais jamais imaginé pouvoir approcher il y a quelques années, alors que j’adore leurs oeuvres… et quand j’ai l’occasion de pouvoir les interviewer en privé, c’est une chance folle et j’en suis bien consciente. Mais tout ça, c’est aussi grâce à tous mes abonnés sans qui je ne pourrais pas réaliser ces rêves.

Et y à-t-il des mauvais côtés ?

Ne plus trop savoir où mettre des barrières, comme tout ce qui touche à une activité sur le net, il faut aussi savoir se déconnecter de temps en temps pour se préserver. C’est le danger d’être sur tous les réseaux sociaux, du matin au soir. On n’a presque plus de vie privée, de vrai moment où on ne prend pas de photo pour notre compte Instagram, où l’on ne tweete pas la dernière anecdote qui vient de nous arriver, et je ne parle même pas de Snapchat et des vlogs !
Je veux rester proche de mes abonnés, mais je dois aussi garder une partie de moi qui m’est uniquement réservée, et c’est parfois dur de s’en rappeler.

As-tu créé des liens particuliers avec d’autres Booktubeurs/euses ? Avec qui ? Les considères-tu comme de réelles amies ?

Je suis d’une nature assez sociable, j’ai donc beaucoup de connaissances parmi les autres blogueurs et booktubeurs, et c’est agréable de pouvoir faire des virées shopping livresque dans des librairies ensemble (imaginez comment on s’influence les uns les autres).
Malgré tout, la vie m’a appris à garder une certaine distance, d’une façon générale, et je suis peut-être un peu trop ermite aux goûts de certains !

Un conseil pour ceux qui voudraient se lancer ?

Je suis bien consciente que se lancer sur BookTube aujourd’hui est bien plus difficile que lorsque j’ai posté mes premières vidéos en 2013. BookTube est un média à part entière, les abonnés attendent des vidéos de qualité, de la régularité dans le contenu etc.
J’ai réalisé toute une playlist sur ma chaîne pour aider ceux qui voudraient se lancer, mais mon conseil premier restera toujours : posez-vous la question de la raison pour laquelle vous vous lancer. Trop de gens s’imaginent qu’ouvrir une chaîne leur permettra de recevoir des livres gratuits de maisons d’édition. Ce n’est pas le but et cela deviendra vite une corvée, car poster des vidéos régulièrement est un vrai travail qui demande du temps et de l’investissement, sans compter la passion, car si vous n’êtes pas passionné par ce que vous faites, cela se ressentira et les abonnés ne seront pas au rendez-vous.
Lorsque j’ai commencé, je n’avais pas une bibliothèque aussi fournie qu’aujourd’hui, et ma meilleure amie était ma médiathèque de quartier (les gens ont tendance à l’oublier, mais les bibliothèques municipales sont généralement gratuites). Alors profitez-en à fond !
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Tu as pour le moment 5 423 abonnés. Tu en es heureuse j’imagine ?

Et j’en suis maintenant à plus de 7500. J’ai encore du mal à réaliser l’ampleur de toutes ces personnes si on devait les rassembler dans une seule pièce… et une fois de plus, je leur suis infiniment reconnaissante de leur fidélité car si j’arrive à mener à bien tant de nouveaux projets aujourd’hui, c’est grâce à leur soutien quotidien.

Le fait d’avoir autant d’abonnés, ça te donne une certaine influence. En as-tu conscience ?

J’ai toujours eu la langue bien pendue et j’essaie de mettre à profit cette audience pour parfois mettre le doigt sur des sujets/problèmes que trop de gens auraient tendance à glisser sous le tapis pour ne plus en entendre parler. Je mets les pieds dans le plat, si une situation me dérange, une injustice me révolte, je le dirai haut et fort et mes abonnés le savent. Je fais en sorte que mon honnêteté et mon franc parlé soient ma signature en quelque sorte.

Cela te donne une certaine responsabilité ?

Bien entendu, quand notre audience augmente, on ne peut plus se permettre de tweeter n’importe quoi. Sans prendre la grosse tête, on a malgré tout une certaine influence, parfois sur un public jeune, et on ne peut pas pousser des coups de gueule qui pourraient blesser une partie de notre audience, ou les pousser à être violent, agressifs, etc. même si parfois, crier un bon coup fait du bien. Il faut savoir rester responsable. De même que l’on ne lave pas notre linge sale en public. Si désaccords entre youtubeurs il y a, mieux vaut régler ça en privé, cela ne regarde pas notre audience.

Es-tu d’accord si je dis que vous, booktubeurs, faites le même métier que les journalistes ?

Pas tout à fait dans la mesure où un journaliste est payé par sa rédaction pour ses chroniques/émissions. En ce qui me concerne, je n’ai jamais reçu d’argent de la part d’un éditeur/auteur pour parler de son livre (même si j’ai déjà reçu des propositions de ce genre, auxquelles je n’ai pas donné suite) – ce que je différencie des opérations promotionnelles (vidéos dédiées) et clairement identifiées comme publicitaires dans la vidéo et la barre d’info, mais cela reste anecdotique.
Je me contente de donner mon avis sur mes lectures personnelles, même si elles sont beaucoup influencées par l’actualité des parutions et dans ce sens effectivement, notre travail peut se rejoindre.
D’un autre côté, je pense que le genre de livres que nous chroniquons est également assez différent. La presse traditionnelle a tendance, à mon avis, à se cantonner à de la littérature blanche à quelques exceptions près, là où j’essaie d’être beaucoup plus éclectique dans mes lectures.

As-tu, honnêtement, un autre avantage que de recevoir des livres gratuitement ?

Participer à des rencontres avec des auteurs, notamment étrangers, comme je l’ai dit précédemment. Et cela va avec la chance d’être parisienne, ce qui facilite les déplacements !
Si on me donnait le choix entre recevoir des livres gratuitement et rencontrer des auteurs de façon privilégiée, je choisirais la seconde proposition sans hésitation !

Monétises-tu tes vidéos ? Pourrais-tu gagner ta vie grâce à tes vidéos ?

Je monétise effectivement mes vidéos, mais mes revenus restent dérisoires ! Jusqu’en juin dernier, je publiais à raison de huit vidéos par mois, et je dégageais des revenus me permettant à peine d’acheter un semi-poche. Ça remet les choses en perspective !

Que pourrais-tu dire à ceux qui prétendraient que tes avis ne peuvent pas être sincères puisque tu reçois les livres gratuitement et que tu as des relations avec les maisons d’édition ? Pour les rassurer…

Je leur rappellerais que lorsque j’ai commencé, je n’avais pas de livres gratuits, je ne connaissais aucun éditeur. Je n’ai reçu mon premier livre en service presse lorsqu’une maison d’édition m’a contactée un an après la création de mon blog, parce que j’avais chroniqué le premier tome d’une saga (que j’avais acheté d’occasion sur le net) et que le second allait paraître !
Je reçois de très nombreuses propositions de partenariats chaque semaine, et j’en refuse également beaucoup car je ne peux objectivement pas tout lire (je suis toute seule à tenir mon blog, là où de nombreux sites ont une équipe entière), donc si mon but était de collectionner le plus de livres gratuits, c’est raté.
Il ne m’est jamais arrivée de « démolir » un livre, dans la mesure où je ne me sens pas la légitimité pour affirmer qu’un livre est 100% bon ou mauvais. A chacun de se faire son avis, et c’est uniquement le miens. Si un éditeur n’est pas d’accord avec ma façon de procéder, je ne réitèrerai pas ma collaboration avec lui. Une fois de plus, il y a bien trop de livres à lire pour se focaliser sur une ou deux maisons d’édition, surtout si c’est uniquement pour recevoir des livres gratuits. Ma loyauté va avant tout à mes abonnés et mes lecteurs, qui me font confiance depuis des années et pour rien au monde je ne compromettrais cette fidélité, certainement pas pour quelques livres gratuits.

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Voilà, je remercie beaucoup Myriam d’avoir accepté cette interview ! Si vous avez envie de la découvrir un peu plus, vous la trouverez ici :

Son blog
Son Facebook
Son Twitter
Sa chaîne Youtube

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J’espère que cette interview vous aura plu ! On se retrouve très vite. D’ici là, portez-vous bien 😉

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